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Quelques idées reçues

Les pèlerins partaient du Puy, d’Arles, de Vézelay ou de Tours 

La théorie des quatre chemins vers Compostelle, doté chacun d’un point de départ, est très contemporaine. Rappelons que le pèlerin médiéval partait de chez lui, et non d’une « tête » de chemin.

A l’époque de la large diffusion du « Guide du pèlerin », on a cru que les quatre sanctuaires à partir desquels l’auteur faisait démarrer les itinéraires étaient des lieux de rassemblement pour de grands départs vers la Galice. Or, si des foules de pèlerins venus des quatre coins de l’Europe se retrouvaient effectivement à Tours, au Puy-en-Velay, en Arles et à Vézelay, ils avaient en réalité atteint le but de leur pèlerinage.

Le choix de ces « têtes » de chemin n’est toutefois pas anodin, puisque ces sanctuaires faisaient l’objet d’une dévotion soutenue : le Puy-en-Velay pour sa Vierge noire, Tours pour ses reliques de saint Martin, Vézelay pour ses reliques de Marie-Madeleine et Arles pour ses Alyscamps, où la légende de Charlemagne avait placé les sépultures de plusieurs de ses chevaliers morts à Roncevaux.

 

Les pèlerins suivaient l’une des routes indiquées par le guide d’Aymeri Picaud

En réalité il a pu y avoir autant d’itinéraires que de pèlerins. Ceux-ci se déplaçaient de sanctuaire en sanctuaire. Ils étaient attirés par la réputation des reliques et par les secours qu’ils trouveraient au long d’une route.

Les pèlerins ignoraient tout du « guide » puisque ils ne le connaissaient pas : il a été très peu copié et sa diffusion et son influence, en l’absence de l’imprimerie, furent très faibles. De plus, la grande majorité des personnes à l'époque ne savait pas lire.

 

Ils étaient des millions de pèlerins…

Il est hasardeux d’avancer des chiffres de fréquentation : impossible d’évaluer sérieusement le nombre de pèlerins se rendant à Compostelle au Moyen-Age.

En revanche, cela est tout à fait possible de nos jours : en 2014, l’archevêché de la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle dénombrait 125 141 Compostelas délivrées à des pèlerins de 110 nationalités différentes.

 

C’est grâce à l’ordre de Cluny que le pèlerinage à Compostelle s’est développé

L’ordre de Cluny s’est surtout préoccupé non de la circulation des pèlerins, mais de propager la réforme grégorienne en Espagne. Ses abbayes ont tissé des liens politiques et économiques de part et d’autre des Pyrénées.

Ces liens sont aujourd'hui des fils invisibles qui relient les sentiers actuels.