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Un culte populaire

Les recherches actuelles démontrent que le tombeau de saint Jacques fut probablement découvert sous l’épiscopat de Théodomir qui, selon les documents qui le mentionnent, fut évêque entre 818 et 834.

 

La diffusion du culte à saint Jacques

La nouvelle de la découverte du tombeau de saint Jacques s’est sans doute répandue au moyen notamment des martyrologes (catalogues de martyrs), alors largement diffusés dans les églises occidentales. Les légendes et récits de miracles ont également contribué au développement considérable du culte de l’apôtre. 

L’ordre de Cluny, qui aux XIe et XIIe siècles réunissait 1 200 prieurés en Europe, fut sans doute aussi très impliqué dans la diffusion du culte de saint Jacques. Cet ordre bénédictin, moins attaché à l’apôtre qu’aux intérêts de l’Occident chrétien, a en effet noué des relations étroites avec l’Eglise espagnole afin de servir la politique de réforme grégorienne de la fin du XIe siècle, visant à étendre partout la règle de vie bénédictine. 

Abbaye de Moissac, fille de Cluny
L'abbaye Saint-Pierre de Moissac, fille de Cluny©jjgelbart_acir

 

Un sanctuaire renommé

Juste après l’invention du tombeau de saint Jacques, au IXe siècle, le pèlerinage vers le nouveau sanctuaire est seulement local. Mais la dévotion à l’apôtre et sa notoriété finissent par dépasser les frontières galiciennes et espagnoles. Ainsi, à partir du Xe siècle, les premiers pèlerins étrangers se rendent à Compostelle. Il existe peu de sources à ce sujet, mais une information certaine nous est toutefois parvenue : le premier pèlerin étranger connu est Godescalc, évêque du Puy-en-Velay. Entre 950 et 951, il effectue à cheval le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, accompagné d'une nombreuse suite. A son retour, il fait édifier l'église Saint-Michel-d'Aiguilhe, consacrée en 962. Attention, Godescalc est certes le premier pèlerin étranger connu à s’être rendu à Compostelle, mais il n’est probablement pas le tout premier pèlerin étranger à s’être recueilli sur la tombe de l’apôtre. En effet, les noms de pèlerins étrangers précédents ont tout aussi bien pu se perdre dans les méandres de l’Histoire…

St Michel Aiguilhe
Saint Michel Aiguilhe©jjgelbart_acir

 

Un saint très vénéré

 

Saint Jacques est si populaire que les églises ou chapelles qui lui sont dédiées se multiplient partout en Europe. Mais elles ne sont pas des haltes pour les pèlerins en route, comme on le croit trop souvent ! Elles sont des milliers de traces de la dévotion du peuple qui se place sous la protection de ce « fils du tonnerre ». Confréries, statues, peintures, vitraux, rappellent sa vie et ses miracles. Son culte est apporté aux Amériques par les Conquistadors. Il est ainsi le saint protecteur de l’Espagne, mais aussi du Nicaragua et du Guatemala.

 

Intercesseur puissant, considéré comme un grand thaumaturge, saint Jacques est au Moyen Age le patron des pèlerins. Capable de guérir de nombreux maux, sa protection est également souvent invoquée, que ce soit à l’approche d’un danger ou avant d’entreprendre un voyage. Par extension, et parce que le pèlerinage est à l’époque médiévale une préfiguration du salut et un symbole du voyage de la vie vers son terme, saint Jacques est aussi vénéré pour l’aide qu’il peut apporter à l’heure de la mort. Il devient le guide à suivre sur les routes du dernier grand pèlerinage menant au Paradis. 
 
Coquille
©apha