Dans l’antiquité, Cessero était mentionné sur des itinéraires comme ayant un rôle de mansion, c’est à dire de gîte d’étape sur l’importante Via Domitia.
Mais la ville actuelle doit son nom à Tibérius, fils d’Hélée, gouverneur romain d’Agde. Né en 293, il se convertit à l’âge de 10 ans à la nouvelle religion chrétienne sous l’influence de son précepteur Modeste. Persécuté, il est mis à mort sous Dioclétien dans un petit bois au bord de l’Hérault, avant d’être inhumé sur les lieux mêmes.
Au VIIIe siècle, un monastère bénédictin est fondé ; les pèlerins viennent y visiter les reliques du martyr. L’abbatiale romane fut par la suite reconstruite au XVe siècle dans un style gothique. L’ensemble abbatial fut démantelé à la Révolution et les bâtiments de l’abbaye morcelés en habitation.
Après sa mort, on a attribué à Tibérius des pouvoirs miraculeux. Ses reliques étaient vénérées pour guérir les malades atteints de folie. Ces derniers étaient logés dans la tour et restaient durant une neuvaine de prières, dans une salle basse dont la porte était fermée par un barroul (verrou). Ils sortaient seulement pour assister aux cérémonies dans la Gleisette, église primitive souterraine du IXe siècle située sous l’actuel parvis. Au retour, certains s’en retournaient sans difficulté dans la tour mais les récalcitrants devaient être trainés à l’intérieur. Pour retarder le moment où ils seraient enfermés, ils s’agrippaient au barroul et le serraient même avec leurs dents. Depuis, à Saint-Thibéry et dans les environs, on dit de quelqu’un qui a l’esprit dérangé : « lou cal menar a San Tibéri baïsar lou barroul » (« Il faut l’emmener à Saint-Thibéry embrasser le baroul »).
Saint-Thibéry fut pendant longtemps un lieu de passage inévitable pour les voyageurs et les pèlerins.
Outre les reliques de Tibère, celles de Modeste et Florence sont recommandées à la dévotion des pèlerins par l’auteur du Livre V du Codex Calixtinus (le fameux « guide » des jacquets). Ainsi la mention du passage par Saint-Thibéry est une des rares indications qui a permis de nos jours de tracer les chemins vers Saint-Jacques de Compostelle. Cette mention vérifie l’aspect symbolique des 4 grands chemins proposés par le « guide » puisque l’on se situe, dans ce plat pays, sur un 5ème grand chemin. Cette mention atteste aussi bien de la permanence de la circulation des hommes sur le réseau routier de l’antiquité en raison de la présence du Pont Romain permettant de franchir l’Hérault. Ayant subi au fil des siècles les multiples crues du fleuve, il ne lui reste plus que 4 arches. Le pont se trouve à quelques dizaines de mètres d’un des moulins à blé (XIIIe) les mieux conservés de la région.
Peuplée d’un peu plus de 3000 habitants, la cité vit aujourd’hui de la viticulture et de l’exploitation de la carrière de basalte. Elle a amorcé une rénovation patiente autour des vestiges de l’abbaye. Les bâtiments ont été progressivement rachetés par la commune et la communauté d’agglomération Hérault Méditerranée. Des travaux d’envergure récents ont consisté à la mise hors d’eau et hors d’air de l’édifice, et aux consolidations. Toutes les parties ajoutées après la Révolution ont été supprimées, laissant apparaître les volumes d’origine du dortoir des moines, de la salle capitulaire, du cloître et des autres bâtiments. Une étude est en cours pour valoriser l’avenir de l’abbaye de Saint-Thibéry et ainsi trouver des fonctions et usages pertinents pour ce joyau architectural chargé d’histoire.
À voir
Abbaye (XVe siècle)
Eglise souterraine (IXe siècle)
Tour (XVIe siècle)
Pont romain (Ier siècle)
Moulin à blé (XIIIe siècle)
Pont vieux (XVIe siècle)
Commerces et services
Banque
Epicerie
Hébergement
Pharmacie
Restaurant
Poste
Médecin
À déguster
Vin de Cessero
Rendez-vous
Festival de Jazz, 15, 16 et 17 août
Floralies Patrimoniales, en avril
Fête patronale le 10 novembre
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